Je possède un manteau merveilleux, aux propriétés étranges.

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Il a la propriété de restaurer l’ordre et d’établir la sérénité dans le pire des chaos même vestimentaire.

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D’un simple mouvement des coudes, les choses retournent à leur place ordinaire. N’est-ce pas fantastique ?

Outre son étayage domestique, ce que je préfère chez mon manteau, c’est sa capacité à faire ressurgir tout un passé. Très intéressée par l’histoire du costume, en particulier breton, la large capuche m’a tout de suite évoquée la lourde cape qu’arboraient en Bretagne les femmes endeuillées, jusqu’à la seconde guerre mondiale.

cape de deuil en drap, St Brieuc, XIXe siècle

cape de deuil en drap, St Brieuc, XIXe siècle

La cape de deuil était portée en Bretagne par dessus le costume lors d’un décès, d’un drame ou d’une funeste commémoration. Elle était généralement associée à une coiffe de deuil, généralement plus austère que celle portée ordinairement. D’un terroir à l’autre le modèle ne varie guère et on le retrouve dans de nombreuses autres régions. Après la boucherie de 14-18, les capes de deuil furent évidemment nombreuses à apparaître. L’élégance dramatique a logiquement inspiré de nombreux artistes, en particulier lors de la conception des monuments aux morts.

Pour l’anecdote, cette cape était également portée lors des “relevailles”.  Un certain temps après son accouchement, toute jeune mère se rendait dans l’église la plus proche vêtue de la fameuse cape. En effet, l’accouchement, indubitablement lié au péché originel marquaient la parturiente d’une souillure indélébile. En théorie, pendant plusieurs jours, aucun travail ne lui étaient confié et surtout pas la traite des vaches de peur qu’elle n’en fasse tourner le lait. Pour reprendre une vie sociale, toute femme devait se rendre à une messe appelée “relevailles” au cours de laquelle une bénédiction spécifique lui était accordée.

Sur la route, compères et commère se détournaient et faisaient mine de l’ignorer. Arrivée devant l’église la femme se prosternait et le recteur venait la chercher pour la faire entrer dans le lieu consacré et la débarrasser de son infamie. Une fois purifiée, la femme rentrait chez elle , sa cape sous le bras et les voisins pouvaient à nouveau lui adresser la parole.

 

Un brin maccabre tout cela… Mais, j’ai ainsi le plaisir de porter avec un peu de classe le deuil de mon compte en banque.

Après le long (trop long !) pavé de l’autre jour sur le henné, passons à l’application pratique !

Le henné à l’égyptienne étant un brin trop tonique pour mes cheveux, j’ai crée en fonction de mes principes phares cette recette un brin… atypique, je l’admet.

Le but de la manœuvre est d’obtenir une belle teinte acajou, bien sombre et bien entendu, des cheveux brillants, nourris et denses.

~Le henné de Fileuse~

Ingrédients

-150 g de henné naturel de bonne qualité

-100g d’indigo pur

- une cannette de bière sans alcool (pas de panique)

-une petite brique de lait de coco

-une cuillère à café de glycérine végétale

-une cuillère à café d’huile “légère” (facultatif)

-du thé vert bouillant

-une cuillère à café de sel

-une cuillère à café de bicarbonate de soude

* Le henné en poudre est versé dans un bol et il vaut mieux mélanger progressivement le thé et le henné pour obtenir une texture semblable à du yaourt. Ne pas lésiner sur les effort pour obtenir une texture bien lisse, la qualité de la couleur et la facilité d’application en dépendent.

*Une fois cette pâte obtenue, j’y ajoute, toujours par étape, la moitié de la brique de lait de coco, puis la glycérine et éventuellement, la cuillerée d’huile. Je touille une dernière fois et je laisse reposer plusieurs heures.

* Je prépare un thé vert très fort et très infusé. Une fois versé bouillant dans une carafe, j’y ajoute le sel et le bicarbonate.

* J’ajoute l’indigo à la première mixture (toujours de manière progressive) en mélangeant au fur et à mesure avec le thé  précédemment préparé. Ce procédé permet de conserver une texture très fluide à la pâte.

* Je termine en ajoutant le reste du lait de coco une fois que la pâte est bien stable et sans grumeaux. Il ne reste plus qu’à appliquer immédiatement sur les cheveux !

Voilà le résultat :

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Mes cheveux sont un peu plus foncé en réalité… Certaines filles appliquent le henné et l’indigo séparément avec deux poses successives, le henné permettant à l’indigo de mieux accrocher. Pour l’avoir testé trois fois, je trouve personnellement que ça “gâche” beaucoup de produits, en plus de prendre pas mal de temps. Finalement, au niveau de l’efficacité de la coloration, l’ajout de sel et de bicarbonate permet une bonne tenue de la teinte, donc une application dissociée n’apporte pas grand chose de plus. J’ai même remarqué que l’indigo partait plus vite.

Et l’intérêt de la bière dans tout cela ? La brillance incroyable et les jolis reflets roux, chère madame !

Et, oui, l’odeur disparaît. J’utilise souvent ce délicieux produit cosmétique en guise de rinçage-soin et l’odeur “champêtre” se dilue invariablement une fois les cheveux secs. Petit conseil en passant, plutôt que de la gueuze Bécasse ou de la Coreff, préférez toujours la bière la moins chère : l’effet est strictement le même et au moins, vous vous épargnerez une tentation douloureuse…

Ce n’est pourtant pas la saison.  Mais bon, j’ai la chance d’avoir une cheminée de pierre centenaire dans mon appartement, autant l’immortaliser encore un peu plus. Avec mes nouvelles chaussures, c’est déjà un peu Noël.

J’avais bavé sur ces Bocage Edition Limitée sur le blog d’Eloïse Sunshine. Elles portent le doux surnom de Jirao et je suis fortuitement tombée sur la dernière paire en 39 de Saint Brieuc. Le contraste entre la dénomination évoquant une obscure tribu Apache et le caractère oh combien ! civilisé de ces souliers s’explique par l’initiative intéressante de la marque qui s’inscrit dans l’univers de l’Ouest américain ou la femme glamour, civilisée, héritière ou girl se fait dépouillée par la sauvageonne des plaines qui lui dérobe son bien le plus précieux, les chaussures (ben oui, forcément).

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Les brides multiples m’ont fait craquer, ainsi que la couleur et les bouts “fleuris”.  L’ensemble évoque la grisette, claquant du talon et levant la jambe dans les cabarets à la mode. Mais également les petits souliers de l’enfance, les jolies chaussures du dimanche qu’on cire à la hâte et qu’on enfile pour se rendre à la messe au pas de charge. Ce sont aussi les vieux jouets du grenier ainsi que les sucreries foraines, aimables cochonneries qu’on s’empresse d’acheter dès que les parents ont le dos tourné.

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Habilement placées, les brides soulignent la cheville et marquent le coup de pied, le talon permettant déjà une cambrure du pied assez flatteuse. Très élégamment sensuelles, sous leur apparence innocemment rétro, les Jirao sont de petites merveilles qui font la cheville gracile et le mollet aérien.

Elles sont de surcroit extrêmement confortable, ce qui permet d’attendre de pied ferme l’arrivée de Santa Claus.

Plante aux multiples propriétés cosmétiques et magiques, le henné est bien sûr très populaire en Afrique du nord et dans la culture maghrébine. En Europe, il reste encore un vague fond de méfiance à son sujet. On lui reproche entre autre de sécher les cheveux, de les abimer et en réalité, de concurrencer plus ou moins sournoisement le marché des teintures chimiques.

Tout compte fait, le henné est de loin la meilleure alternative aux teintures chimiques, pour peu qu’il soit bien préparé. Naturel, respectueux de la santé et de l’environnement, c’est aussi un produit très peu coûteux, et assez ludique en terme d’utilisation. Pour ma part, j’en use depuis plus d’un an et à force d’essais, j’ai finalement réussi à concocter une sorte de méthode à laquelle je me tiens scrupuleusement quand il s’agit de rafraichir mes reflets.

Tout d’abord, il faut de l’eau bouillante immédiatement versé sur la poudre. C’est ce qu’on appelle le henné à l’égyptienne. Ce mode de fabrication étant un peu rude pour mes cheveux fins, j’ajoute à ce premier mélange un agent nourrissant (un huile ou un beurre végétal, du yaourt…), un agent hydratant (aloe vera, glycérine végétale…), un acide (jus d’agrume ou vinaigre…) associé à un fixateur (sel ou bicarbonate de sodium…). Une remarque : hydratant et nourrissant ce n’est pas la même chose !

L’action conjuguée de l’acide et de ce que j’appelle le fixateur permet à la couleur de mieux accrocher au cheveu. NB : l’action conjuguée du vinaigre et du bicarbonate produit un effet très… intéressant ! Sans danger, bien sûr.

Ensuite, il est très important de laisser reposer le henné, le plus longtemps possible. Je le laisse en général toute la journée à température ambiante ou alors en cas d’urgence deux heures au moins près d’une source de chaleur.

Après un nombre d’heure assez respectable vous pouvez enfin appliquer votre henné. Le henné naturel préparé ainsi donnera une teinte rousse auburn à la chevelure. En ce qui me concerne, je nuance toujours la couleur grâce à l’ajout au dernier moment d’une bonne dose d’indigo. Attention, contrairement au henné, il ne faut pas laisser reposer l’indigo sous peine de le voir s’oxyder et perdre ses capacités colorantes. L’indigo permet une tonalité plus froide, plus bleuté (une couleur trop froide ne me sied guère au teint, j’évite donc d’utiliser l’indigo à plus de 50% dans mes mélanges).

Avec ou sans indigo, viendra le moment fatidique de l’application. Avant toute chose, prudence : protégez vos sols (avec des journaux, une bâche ou autre…), votre visage (en appliquant généreusement un corps gras sur le front, les oreilles et la nuque) et vos mains (j’utilise le beurre de karité mais des gants peuvent convenir à certaines). Une fois parée, installez vous face à un miroir pour contrôler l’avancée des travaux et en avant toute !

Je commence en général par les racines, que j’imbibe généreusement de henné (à la manière d’un shampoing), je continue avec les longueurs que je fais glisser dans mes mains pleine de substance et je termine avec les pointes, plongées directement dans ce qui reste de mixture.

Roulez votre chevelure (maintenant verdâtre mais c’est pour la bonne cause) sur le sommet de votre crâne et couvrez avec de la cellophane (un sac poubelle peut aussi convenir). Le henné agit plus efficacement au chaud : pour favoriser ses effets, vous pouvez enrouler une serviette en turban, porter un bonnet, ou utiliser une vieille écharpe.

Là, normalement, vous vous sentez au paroxysme de votre féminité rayonnante. Passons.

Reste à décider combien de temps le henné va rester sur votre tête. Il faut savoir que plus la pose est longue plus la couleur est vive. Je laisse en général au moins deux heures mais mon record personnel est de 13h consécutives. Une fois la durée de pose fixée, vous pouvez entamer votre temps d’attente en nettoyant la salle de bain (si vous êtes novice, il y a des chances d’en avoir sur les murs) !

Pour finir, un rinçage à grande eau et un passage au sèche cheveux suffit à clôturer l’affaire. Il n’y a même pas besoin de shampoing. La couleur risque d’évoluer pendant quelques jours, il est donc difficile de prévoir exactement la teinte obtenue.

Enfin, pour le clin d’oeil historique, une célèbre amatrice de henné : Madame Adelina Patti (soprano très admirée) par le peintre Winteralter en 1868

Aujourd’hui, soucieuse d’éduquer mes élèves au respect d’autrui, du matériel et des oreilles de la maîtresse, j’ai donc initié une séance de Vivre Ensemble (pour ceux qui l’ignorent, il s’agit d’un des domaines des programmes de la maternelle ayant trait aux règles de civilité et à la vie en société). J’ai donc choisi de faire classe en groupe entier (PS-MS) : mauvaise idée. En effet, les MS, bien qu’en infériorité numérique, ont écrabouillé sans scrupules les petits au niveau du tour de parole. Les pauvre n’ont pas pu en placer une. De plus, j’avais aussi choisi d’installer mes ouailles autour de la grande table devant le tableau. De retour de la sieste et d’un week-end semble-t-il agité pour certains, la plupart ont tenté de piquer un roupillon mine de rien pendant que je m’échinais à la classe tentait de mettre en place un règlement pour les coins jeux.
En effet, les coins jeux, c’est l’enfer : la cacophonie, l’anarchie, la violence débridée (Qui n’a jamais vu Y* avec un tracteur dans les mains ignore tout des instincts sociopathes des petits). Je voulais y mettre bon ordre et établir un règlement spécifique aux différents coins jeux. Utopie quand tu nous tiens. Bref passons.

J’étais donc là, raide comme la justice avec un véléda en guise de balance, à remplir des colonnes au gré des suggestions de mes loustics. Puis vint le moment fatidique de la synthèse :

“Alors, on va reprendre ce que nous avons noté sur le tableau. Vous êtes prêts à écouter (index dans l’oreille pour indiquer le chemin du savoir) ?

-Vouiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

-Voyons (air docte et concentré)… Je n’ai pas le droit de crier, de courir, ni de taper. J’ai le droit de jouer à la marchande, j’ai le droit de marcher, j’ai le droit de jouer avec les poussettes…

et soudain A* lève le doigt.

-Ben nan toi t’as pas droit, toi t’es grande !

Terrible moment de solitude.

Aujourd’hui, j’étais d’une humeur massacrante au dire de la cellule familiale atterrée. Passant de l’euphorie la plus ridicule (“ouais, j’ai une idée géniale, on va peindre la baleine avec des bouchons !”) à la déprime la plus pathétique (“j’y arriverais jamais t’açon chui nulle, beuheuheu “), j’ai mis à rude épreuve les nerfs de la cellule familiale en question qui a bien failli pour le coup se transformer en cellule de crise. Bref.

La seule chose qui m’a soutenue psychologiquement distraite ce week end est bien une liste d’achats aussi superficiels qu’indispensables :

~Lingerie~

-des bas (coutures, résilles, en laine, classique…)

-un ou deux (allez, deux !) porte jarretelles à 6 attaches

-un joli soutien gorge

~En prévision du gala de Noël qui a intérêt à avoir lieu~

-un jupon volumineux et une jupe trèèèèèèès ample type circle skirt/ New Look pour créer un contraste avec le corset…

-le corset justement, dont j’ai reçu la toile d’essai ce week end, je vous en dirais plus, plus tard…

-des escarpins élégants, et là, ma perplexité pour l’instant est immense, je doute ! J’ai acheté il y a peu de ravissants souliers de marque Campers qui ressemblent beaucoup à ceux-ci :

Je marche rarement avec des talons, qui plus est des talons hauts (ceux ci font 8cm) et je suis dans ces chaussures comme dans des chaussons. Cependant, j’aimerai tenter les talons aiguilles pour cette soirée, un peu exceptionnelle (puisque ça risque d’être la dernière). Que faire ? Être raisonnable et rester sur des talons de 8-10cm assez épais, ou tenter carrément les stilletos ? Bon, une longue réflexion s’annonce.

~et sinon…~

-du mascara Couleur Caramel, de la poudre libre de la même marque, du khôl kajal

-du shampoing Centifolia (THE marque bio, la meilleure, le top du must)

-une bonde pour ma baignoire car ma farceuse de propriétaire me l’a confisquée au cas ou me viendrait l’idée saugrenue de prendre un bain. Ndlr : l’eau est comprise dans le loyer, mais à maligne, maligne et demi !

-des trucs pour mettre dans le bain, justement :

ça me fait penser à une délicieuse recette de gommage à la cannelle et de baume assorti qu’il faudra que je publie un de ces jours…

Il n’est pas dans mon intention de porter des jugements aussi péremptoires qu’impromptus sur un métier que j’exerce presque officiellement depuis maintenant… trois jours. Mais j’ai quand même envie de d’évoquer mes toutes premières expériences d’apprentie maîtresse.

Tout d’abord, force m’est de constater que c’est un métier ou la théorie hyperprésente dans la formation, ne prépare en rien à ce qui ce passe dans le réel de la classe. Je m’explique. Après deux ans d’option IUFM à la fac de Rennes, une PE1, et un CRPE validé, il m’est un jeu d’enfant de faire la différence entre objectif et compétence, de déblatérer longuement sur les mérites du travail de groupe et sur l’importance des objets transitionnels. Je comprend les programmes sans dictionnaire et sans rigoler, je sais bricoler de fabuleuses séquences ou lesélèves se mettent en projet et construisent leur savoir. Les séances que j’élabore se composent invariablement d’une dévolution du problème à la classe avant de confronter la dite classe à un conflit socio-cognitif sournoisement comploté. Blablabla.

crayon et tables

En attendant, calmer la crise de rage d’une enfant de deux ans, utiliser un massicot, chanter des comptines, attirer l’attention et j’en passe sont des talents que je suis encore loin d’avoir. Et pourtant, si ce n’est pas là l’essence de l’école, c’est tout de même les principaux écueils concrets que l’on rencontre en maternelle. Évidemment, rien ne m’y a préparé. Je pense parfois avec amertume et jalousie à mes camarades de promo néo parturientes ou mamans confirmées. A ben oui, les pyjamas qui servent de doudous, ça ne les surprendraient guère, elles sauraient faire face avec bravoure aux malheureux “petits incidents techniques” qui perturbent un brin l’organisation d’une journée et manient comme personne les marottes.

Bref, moi évidemment, néo PE ex étudiante de lettres glandouillarde et hâbleuse, je ne suis en rien compétente en matière de post-bébés et pour tout dire franchement empotée. C’est pas bien grave au fond, je ferais comme les autres, j’apprendrais sur le tas. Ce qui me révolte, c’est que les hautes instances fassent comme si le concret coulait de source. “Pas de recette” qu’ils disent, ah ben oui, c’est à nous de nous questionner sur notre identité professionnelle et notre mise en projet. En attendant, ça nous aide pas à trouver la meilleure manière de faire des rondes et de moucher des nez qui coulent.

Quand j’ai rencontré pour la première fois la titulaire de la classe de PS/MS ou je vais avoir la joie de faire mon stage filé, elle m’a parlé de trente quatre élèves. Sur le coup, j’ai eu comme un léger frisson (assorti d’une vision apocalyptique de dizaines de minis humains entassés dans un placard à balais). Trente quatre, pour débuter comme instit’, c’est terrifiant pas évident . Comment gérer au mieux les différences de progressions, les évaluations, sans compter le travail sur le langage quasi individualisé ? Et puis, les derniers jours d’août passant, je me suis dis : “non, trente quatre ça fait beaucoup ! Elle doit se tromper… quoique, c’est la directrice quand même, elle connait ses effectifs, c’est elle qui a inscrit les gamins. Ou alors, comme une partie des MS iront en CP le matin, le groupe sera de toute manière moins important. De toute façon, tous ne seront pas réellement scolarisés (propreté, déménagement), au pire, les arrivées s’échelonneront au cours de l’année. Ou alors…” Ou alors c’est moi qui ai rien compris au film (comme souvent).

Et puis le jours de la pré rentrée est arrivé. Et effectivement, il s’est avéré que j’avais mal compris. C’est n’est pas trente quatre élèves que j’aurai dans ma classe…

mais quarante deux.

Curieusement, les marchés de ma cambrousse armoricaine peuvent aussi être des viviers à trouvailles ! Oui, il y a quelque temps, j’aurais été la première à rigoler si on m’avait dit que j’irai un jour acheter de la lingerie sur un marché. Pourquoi ? Parce que saluer le garde champêtre ou la voisine alors qu’on farfouille dans les soutiens gorges n’est pas ce qu’il y a de plus confortable. Parce que dans le but d’avoir les mains libres, je me débrouille toujours pour poser mon manteau sur une cage avec 15 poussins qui piaillent. Parce la fumée des merguez et les hurlements des maquignons (“il est beau mon maquereau qu’a les yeux qui brillent !”) ne contribue pas à créer l’ambiance intime et “boudoir” au sein de laquelle on apprécie ordinairement d’acheter ce genre de choses

Toujours est il que malgré ces embarras et pour la modique somme de 5€, j’ai acquis deux très jolis porte jarretelles (serre tailles) de marque Barbara vendu 55€ en boutique de lingerie. Ils sont bien larges, possèdent 8 baleines en plastique, deux rangs de 8 agrafes et 4 jarretières avec attaches en métal. J’ai ai un blanc et un bleu, le tissu est un peu style brocard. Ne manque plus que de nouveaux bas pour aller avec !

Pour plus de renseignements sur le choix d’un porte jarretelle, jetez un coup d’oeil à cet article fort complet.

Plus le mois file et plus le nombre de choses à faire d’ici le retour à la caserne s’accumule.

Je pourrais par exemple vérifier la date de la fameuse rentrée (se pointer le lendemain serait ballot). Appeler le CROUS pour renoncer officiellement à la splendide résidence qui m’a été attribuée (ironie). Refaire un henné, ce ne serait pas du luxe. Rédiger un CV “présentant mes états de services” (de quoi ?). Ranger mes cours de l’année dernière (rien que de voir les classeurs les bras m’en tombent). Préparer mes valises (la veille du départ, ça peut aussi bien le faire non ?). Acheter La Classe Maternelle et l’apprendre par cœur (ah oui peut être). Appeler la QG pour savoir (enfin) si je suis étudiante ou non. Appeler la CAF suite à l’appel précédent pour leur faire part de mon déménagement/changement de statut (ou non). Racheter de la base Centifolia pour faire des shampoings (si je dois encore utiliser cette cochonnerie Douce Nature, je me rase le crâne). Passer l’aspirateur. Envoyer 5 mails. Préparer ma pendaison de crémaillère. Arrêter de provoquer des catastrophes au boulot (rien pendant trois jours, je peux le faire). Finir Kierkegaard et le rendre à ma soeur (ou pas).

Je pourrais aussi céder à l’appel de la procrastination crasse.

Franchement, j’hésite.